1580 circa –  La chasse aux essaims, sur une estampe dessinée par Jan van der Straet, dit Stradanus, et gravée par Philippe Galle



Eléments de référencement

Planche extraite de : « Apes », Venationes ferarum, avium, piscium, pugnae bestiariorum & mutuae bestiarum / depictae a Joanne Stradano, editae a Philippo Gallae, circa 1580, Anvers ?, 1 volume, 114 gravures. URL sur BNF Gallica: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550059821/f114.%20item

L’exemplaire conservé au Musée Carnavalet (Paris) relève d’une double signature : « Phls Galle excud. / Ioannes Stradanus inven.»  Cette estampe souvent appelée « Apes / Les abeilles » a donc été dessinée par Jan van der Straet, puis gravée au burin par Philippe Galle à Anvers vers 1578–1580. L’image (ici numérotée 83) fait partie d’une suite de planches liées à des scènes de chasse et aux arts ruraux d’après des dessins de Stradanus et des gravures par la famille Galle. Jan van der Straet, dit Stradanus (Bruges, 1523-Florence, 1605), est un peintre et dessinateur flamand formé à Anvers. Après un séjour en Italie du Nord, il s’installe définitivement à Florence, où il travaille pour les Médicis. Il participe aux décors du Palazzo Vecchio et devient l’un des artistes majeurs de la cour de Cosme Ier: il fournit compositions et dessins pour des cycles peints, des tapisseries et surtout pour la gravure. Sa collaboration avec les éditeurs flamands, notamment Philippe Galle, diffuse largement son œuvre dans toute l’Europe. Philippe Galle (Haarlem, 1537 – Anvers 1612) est un buriniste flamand, qui appartient à une célèbre famille de graveurs, d’éditeurs et d’imprimeurs.

Description iconographique : la capture d’essaims

Dans une cour de ferme, au milieu des animaux de basse-cour, plusieurs séquences d’apiculture. Au centre, sur une échelle tenue par un autre personnage, un apiculteur récupère avec un grand couteau un essaim d’abeilles (sans doute sortant d’un trou dans le tronc d’arbre – une localisation très fréquente au Moyen-Age et à l’Epoque moderne). A gauche, un trio poursuit un essaim en vol : un homme et un enfant tapent sur des récipients, une femme crie vraisemblablement. C’est une scène classique à deux dimensions : la légende veut que le bruit incite les abeilles en essaim à se poser (ce qui n’a jamais pu être prouvé) ; d’autre part, une très ancienne coutume veut que tant qu’un essaim est poursuivi par un apiculteur qui frappe un récipient, celui-ci a le droit de suite sur une propriété privé, et reste propriétaire de cet essaim. A droite, un rucher de paniers protégé par une petite construction couverte de paille. Les personnages sont protégés par une collerette avec un camail/ grillage métallique sur le visage, que l’on retrouve sur un certain nombre de gravures médiévales et de la Renaissance.

La légende latine est : « Melis apes avide sic crebis ictibus aeris / Ad dulcem ceram atq[ue] antrum revocantur odorum ». Elle pourrait être ainsi traduite, compte tenu des scènes représentées : « « Ô abeilles avides de miel, ainsi vous frémissez et vous réunissez sous les coups que nous frappons ; et on vous ramène vers la douce cire et l’odeur de la grotte de votre antre. » Des paniers sont prêts à accueillir les essaims récoltés.